Tome IV - Fascicule 5 - janvier-mars 1990


Commandant l'As MECA, le major IFM Paul Dufour et les siens. 1944 - 1945

Colonel IMM F. GÉRARD


Cet ouvrage est dédié à tous les membres, civils et militaires, ouvriers et gradés, de la Manufacture de l'État et de la Fonderie Royale de Canons qui, dès le 10 mai 1940, se sont courageusement lancés dans cette lutte incessante et déterminée pour l'affranchissement de la Belgique, la chute de l'hitlérisme abhorré, le respect des dignités humaines et plus particulièrement à ceux qui ont donné leur vie pour un monde libéré du péril nazi et dont le nom est inscrit dans le bronze de notre Mémorial.


Introduction

II y a 40 ans, le 28 mars 1949, Monsieur Defraiteur, Ministre de la Défense Nationale, inaugurait officiellement l'Arsenal d'armement à Rocourt.

Après la Deuxième Guerre mondiale, la Fonderie Royale de Canons et la Manufacture d'armes de l'État allaient disparaître : ces deux établissements prestigieux, fondés respectivement en 1803 et en 1840, avaient développé des armes de grande qualité comme le célèbre canon de 47 mm, le meilleur canon antichar de son temps...

Après le conflit, c'était donc la fin d'une époque prodigieuse, où l'on développait de l'armement grâce aux officiers ingénieurs des fabrications militaires, dirigeant de remarquables équipes de techniciens : dessinateurs de grande valeur, ouvriers de premier ordre qui faisaient honneur à la tradition séculaire des armuriers liégeois.

Nos établissements étaient alors célèbres bien au-delà de nos frontières.

En 1949, le pays meurtri se souvenait encore des souffrances subies pendant cinq longues années de guerre.

Parmi les innombrables victimes belges de la Deuxième Guerre mondiale, figurent aussi 54 membres de la MAE et de la FRC, tombés pour s'être opposés à l'abomination du national-socialisme allemand. Afin de perpétuer leur mémoire, le quartier que l'Arsenal occupa après le conflit reçut le nom du major ingénieur des fabrications militaires Paul Dufour ; un monument fut érigé à l'entrée de l'établissement et solennellement inauguré à l'occasion de la Sainte-Barbe et de la Saint-Éloi le 1er décembre 1949.

Il y a 40 ans...

Nous voulons célébrer ces événements en retraçant la vie héroïque du Major IFM Paul Dufour et des siens.

Notes de la rédaction

Voir l'histoire de la FRC dans le Bulletin, tome II, fasc. 2, de la MAE dans le Bulletin, tome III, fasc. 1, de l'As MECA, dans le Bulletin, tome III, fasc. 4 et fasc. 5.

Les abréviations IMM, qui signifie ingénieur du matériel militaire et IFM, ingénieur des fabrications militaires, indiquent que ces officiers appartiennent à un Corps dont le statut a été modifié, ainsi que l'appellation, il y a quelques années.


Le major IFM Paul Dufour

Où je meurs, renaît la Patrie.

Louis ARAGON


1. L'Appel à 20 ans

Paul Dufour est né le 6 mars 1896 à Morlanwelz (Hainaut).

Le 4 août 1914, les Allemands envahissent la Belgique neutre ; étudiant, il n'accepte pas de rester inactif alors que son pays est en guerre et n'a qu'un rêve : rejoindre au plus vite l'armée belge retranchée derrière l'Yser.

En 1916, à l'âge de 20 ans, sans rien dire à ses parents, il quitte la maison familiale, parvient à franchir la frontière néerlandaise, retrouve l'armée et s'engage aussitôt comme volontaire.

Artilleur, il recevra sa formation sur le front, combattra avec le 1er régiment d'artillerie et terminera la guerre comme maréchal des logis.

Après la Première Guerre mondiale, Paul Dufour est détaché le 20 mars 1919 au Centre d'Instruction des sous-lieutenants auxiliaires d'artillerie. Le 16 décembre 1919, il est nommé adjudant ; le 26 mars 1920, il reçoit son étoile de sous-lieutenant et est désigné pour le 7e régiment d'artillerie. Cette mutation vers Bruges marquera une étape importante de sa vie puisque c'est dans cette belle ville qu'il fera la connaissance de celle qui deviendra son épouse.

Après avoir été affecté au camp d'Elsenborn, il est détaché le 16 septembre 1922 à l'École militaire en qualité d'élève de la 79e promotion d'artillerie et génie.

Le 26 mars 1923, il est nommé lieutenant et rejoint le 4e régiment d'artillerie antiaérienne à Anvers.


2. Ingénieur des fabrications militaires

Le 23 décembre 1927, il est désigné pour la Manufacture d'armes de l'État afin d'y effectuer un stage de candidat ingénieur des fabrications militaires.

Pendant ce stage, il suivra, à partir d'octobre 1929, les cours de l'année complémentaire à l'Institut électrotechnique Montéfiore de Liège.

Le 27 février 1930, il entre dans le Corps des Officiers IFM.

Nommé capitaine le 26 mars 1931, il se caractérise par ses capacités de travailleur acharné, ses connaissances approfondies de l'armement et devient un expert balistique réputé.

Il met tout en oeuvre pour donner une instruction de haut niveau au personnel technicien de la MAE : l'établissement est en effet chargé de la formation des armuriers et des maîtres-armuriers.

Le capitaine IFM Dufour est choisi pour devenir président de la commission d'examen : celle-ci doit faire passer les épreuves aux candidats maîtres-armuriers après une longue et très difficile période de formation.

À l'époque, Paul Dufour avait compris l'importance pour une armée moderne de posséder des techniciens en armement de première valeur. Dans ce domaine, il a accompli une oeuvre de très grande envergure et a largement contribué à donner au personnel de la MAE une très haute qualification.

Les maîtres-armuriers formaient d'ailleurs un corps remarquable, qui était constitué en fraternelle et qui apportait une aide considérable aux unités.

Le 26 mars 1937, Paul Dufour est nommé capitaine en premier IFM (commandant). Il porte un grand intérêt au personnel de la MAE ; ses contacts avec ses subordonnés sont très fréquents et il a le souci de guider les ouvriers, de les aider au maximum. D'ailleurs on vient régulièrement le trouver pour lui demander l'un ou l'autre conseil. Sa compétence est unanimement appréciée, tant à l'établissement de la rue Saint-Léonard qu'auprès des unités et de l'état-major.

Il devient sous-directeur de la MAE (chef des Services techniques, du Service Contrôle et du Bureau d'études) et participe aux travaux menés par différentes commissions chargées de l'étude et du développement de l'armement. Son action dans ce domaine est particulièrement appréciée par l'Inspecteur général de l'infanterie, le lieutenant-général Wibier qui, le 27 juin 1938, lui adresse tout spécialement ses félicitations et ses remerciements pour "l'aide intelligente, sa grande puissance de travail, sa science, son inaltérable bonne volonté...".

L'intérêt qu'il porte à l'armement et son souci d'être continuellement à la disposition des unités l'amèneront à de fréquentes visites dans les différentes garnisons et champs de tir, notamment à Lombardsijde où il conduit les essais de tir avec des mitrailleuses antiaériennes de 13,2 mm.


3. La Deuxième Guerre mondiale

Le 10 mai 1940, les Allemands envahissent à nouveau la Belgique. Le personnel de la MAE, sous le commandement de son directeur, le colonel IFM Bertrand, quitte aussitôt Liège et, par Gand et Bruges, par la route et en train, rejoint, non sans diverses péripéties, Brive-la-Gaillarde en Corrèze (France).

Pendant la guerre 1914-1918, la MAE s'était installée à Calais et à Birmingham. En mai 1940, l'intention est aussi de poursuivre en pays allié les activités de soutien logistique et les réparations de l'armement léger au profit des Alliés.

Mais les événements vont se précipiter : la France est défaite fin juin 1940 et l'espoir pour la MAE de poursuivre la lutte contre l'Allemagne s'effondre en même temps que l'armée française. Le personnel reçoit l'ordre de rentrer en Belgique. Le Commandant Dufour rejoint Liège, le 24 août 1940, bien décidé à poursuivre à sa façon la lutte contre l'occupant.

Il a gardé intact son esprit combatif de la Première Guerre mondiale et cherche d'emblée, et par tous les moyens, à nuire à l'ennemi en rejoignant les mouvements de Résistance qui commencent à se constituer.

Il n'ignore pas que l'Allemagne a installé dès le début de l'occupation la Geheime Feldpolizei (G.F.P.), police secrète, axée sur le contre-espionnage et la sûreté et qui fera la chasse sans merci aux réseaux de renseignements et aux Résistants.

Et puis, il y a la Gestapo (Geheime Staatspolizei), nom aux consonances effrayantes et qui est chargée de la recherche et de la répression de tous les adversaires du Reich, qu'elle poursuivra impitoyablement dans tous les pays occupés.

Berlin a d'ailleurs clairement fait connaître ses intentions par ses ordonnances qui introduisent en Belgique le droit pénal allemand, donc la juridiction des conseils de guerre allemands : toute atteinte aux activités allemandes (acte de violence contre la Wehrmacht, espionnage, entrave au recrutement d'ouvriers au profit de l'industrie allemande, aide aux soldats alliés, etc.) est passible du conseil de guerre, impitoyablement réprimée, le plus souvent par la déportation et la mort.


4. Sans peur et sans reproche

Début 1943, il entre dans un des meilleurs services de renseignements : Bayard. Ce service a été créé en juin 1941 par deux parachutistes, Antoine Jooris et Auguste Dubuisson.

Son organisation est caractérisée par la décentralisation : les groupes de renseignement travaillent de façon tout à fait indépendante. Les agents se voient désigner un objectif qu'ils sont chargés de tenir à vue, de contrôler constamment. Le pays est découpé en un certain nombre de secteurs entre lesquels les contacts sont inexistants grâce à une méthode de cloisonnement rigoureux.

Fin 1942, le réseau Bayard a étendu son activité sur tout le pays. Chaque semaine les courriers des secteurs livrent les documents à la direction de Bayard qui leur transmet les instructions à rapporter aux secteurs.

Un système de courrier par la France est établi. Bayard transmettra même pendant tout un temps les rapports en provenance des services de renseignements néerlandais.

Cependant, malgré toutes les précautions, les arrestations par les Allemands décimeront les rangs du réseau : mais la mission sera poursuivie jusqu'au bout et les agents resteront fidèles à leur devise, "Sans peur et sans reproche". L'utilité et la valeur des renseignements fournis par Bayard ont été consacrées à de nombreuses reprises par des félicitations transmises par Londres.

Grâce à ses actions incessantes, Paul Dufour parviendra à recueillir et à transmettre un nombre considérable de renseignements de grande valeur pour les Alliés : identification des unités allemandes, mouvement des troupes, quantités et genres de chars, de canons, de véhicules, chargement et destination des trains...

Tous les lundis, les renseignements sont dactylographiés par Madame Dufour et transmis par différentes voies à leurs destinataires : "on faisait le courrier pour l'Angleterre".

Le réseau est également en contact radio deux fois par semaine avec Londres. Au mois de novembre 1942, détecté par la radiogoniométrie allemande, Dubuisson est arrêté en pleine émission.

Bayard transmettra également de nombreux courriers par pigeons parachutés d'Angleterre.

Le réseau connaîtra un grand essor et comptera plus de 3000 membres, tous aussi courageux, malgré les arrestations, malgré la mort qui attend les agents pris par la Gestapo : ceux qui tombent sont aussitôt remplacés.

Le commandant IFM Dufour participe aussi aux actions armées contre les installations de l'occupant. On vient d'ailleurs le consulter de plus en plus souvent : il est un incomparable conseiller technique en matière d'utilisation de charges explosives. Il instruit les partisans afin que leurs actions soient couronnées de succès, afin que les explosions provoquent un maximum de dégâts aux installations et au matériel de la Wehrmacht.


5. C'est un grand miracle que je n'aie pas abandonné tous mes espoirs (Journal d'Anne Franck)

Mais Paul Dufour entreprendra une véritable croisade lorsqu'il constatera que l'Allemagne, manquant de plus en plus de techniciens de l'armement, tente de recruter le personnel de la MAE et de la FRC pour le mettre au travail dans ses usines. Son mot d'ordre est impératif : "Pas une heure de travail pour les Allemands !".

Ceux-ci essaient d'abord d'attirer les spécialistes en leur promettant un travail bien rémunéré, du pain, des vêtements pour les familles restées en Belgique.

Les sollicitations auprès des ouvriers qualifiés commencent en octobre 1941, puis la pression exercée par la Werbestelle (office d'embauche) devient de plus en plus forte : le 6 octobre 1942, le travail obligatoire est imposé à tous les hommes de 18 à 50 ans.

Les Allemands n'essaient plus de convaincre mais utilisent la menace, les représailles, la déportation à l'égard des récalcitrants. Diverses ordonnances suppriment les cartes de ravitaillement aux réfractaires.

Menacés par l'occupant allemand, les membres de la MAE retrouvent le réflexe qu'ils avaient avant la guerre : ils vont chez le commandant pour y recevoir des conseils judicieux, une aide appréciée.

Il les dirige vers le maquis, leur procure de faux papiers d'identité, des timbres de ravitaillement, les fait entrer dans la clandestinité, bref, prend toutes les mesures pour les soustraire à la machine de guerre allemande, mais surtout à la déportation.

Sa maison au numéro 11 de la rue de la Justice à Liège devient un endroit de rendez-vous pour les résistants, les membres de la MAE. Le commandant Dufour prend de plus en plus de risques. On lui recommande de se réfugier dans la clandestinité, on lui conseille la prudence : "Pense à ton épouse, à tes quatre enfants". Bien sûr qu'il pense à son épouse et à ses enfants : Renée, 21 ans, Robert, 13 ans, Simone, 10 ans et Marc, 8 ans. Mais il ne veut en aucun cas ralentir ses activités contre l'occupant, cesser l'aide qu'il apporte au personnel de la MAE et de la FRC. "Si la gestapo vient m'arrêter chez moi, je m'enfuirai par les jardins", répond-il en riant...

Il n'hésite pas à se rendre devant l'Office national du Travail chargé du recrutement de main-d'oeuvre, pour retenir le personnel hésitant.

Il se déguise même en fonctionnaire des chemins de fer et, coiffé du képi approprié, il se rend à la gare de Liège et à celle d'Angleur dans l'espoir de sauver les quelques techniciens qui s'apprêtent à embarquer dans les trains pour le Reich.

Mais l'étreinte des Nazis se resserre inexorablement sur lui...


6. Le 15 janvier 1944...

Le samedi 15 janvier 1944, à 6 heures du matin, alors que le Commandant IFM Dufour et son épouse se préparaient pour la journée, de violents coups sont assénés sur la porte d'entrée de leur domicile : c'est la Geheime Feldpolizei ! Un regard à son épouse et il se lance aussitôt vers le jardin... où il tombe sur plusieurs soldats allemands qui l'attendent, l'arme pointée sur lui.

Arrêté, il est brutalement arraché à sa famille et emmené sur le champ par les sinistres gardes : il a juste le temps d'embrasser son épouse et de lui dire dans l'oreille : "N'oublie pas le 6,35". Il lui recommande ainsi de faire disparaître un pistolet qu'il avait reçu pour expertise balistique et qu'il avait soigneusement caché.

La maison au n° 11 de la rue de la Justice, à Liège, où Paul Dufour a été arrêté par le G.F.P. le 15 janvier 1944 à 6 heures du matin. Madame Dufour et ses enfants y habitèrent jusqu'en 1948.

Madame Dufour, effondrée, reste à la maison sous la surveillance d'un garde armé : c'est alors qu'elle se rend compte de la présence de la machine à écrire ainsi que d'une partie du courrier avec des adresses de résistants, de réfractaires et d'autres documents contenant des renseignements importants sur les forces allemandes. Encore heureux que deux colis avec de très importantes informations confidentielles aient été livrées au vicaire de la paroisse il y a juste deux jours !

L'Allemand ne semble pas comprendre le français : Madame Dufour parvient à faire comprendre à son fils Robert qu'il doit se préparer à brûler les papiers compromettants.

Elle demande alors au soldat allemand l'autorisation d'aller chercher du charbon dans la cave pour recharger le poêle : le garde accepte mais l'accompagne dans la cave où elle remplit lentement le seau... Lorsqu'elle remonte, les documents ont disparu dans le poêle : son fils avait parfaitement compris la manoeuvre.

La perquisition qui aura lieu quelque temps après ne permettra plus à la G.F.P. de découvrir des informations sur la Résistance.

Happé par la monstrueuse machine répressive allemande, le commandant ne retrouvera plus jamais la liberté, ne reverra plus jamais sa femme et ses enfants. De bien cruelles épreuves attendent Paul Dufour et les siens.

Le Colonel IFM Bertrand et les amis viennent aussitôt apporter leur réconfort à la famille éprouvée.

Le 17 janvier, Madame Dufour apprend que son mari est au secret à la prison Saint-Léonard.

Le 19, elle reçoit la visite d'amis, de Monsieur Moors, secrétaire de la MAE, et d'un groupe de sous-officiers et d'ouvriers qui viennent prendre des nouvelles de leur chef.


7. Dans les cellules de la Citadelle

Le commandant est bientôt transféré à la Citadelle, transformée en sinistre prison et où séjourneront tant de résistants arrêtés par les Allemands.

Paul Dufour y a été emprisonné pendant quatre mois et demi

Madame Dufour reçoit de l'occupant un document rédigé en allemand et en français, qui précise notamment que le prisonnier peut recevoir des colis et de l'argent. Mais les Allemands ont barré les lignes autorisant l'échange de lettres entre l'officier et la famille. Le document a été rempli au crayon par le commandant qui a indiqué le montant qu'il pouvait recevoir par quinzaine (100 francs), son numéro de matricule de prisonnier (n° 4236) et l'a signé.


Das Paket ist dienstags oder freitags vormittags zwischen 9 und 12 Uhr gegen Vorzeigen dieses Briefes abzugeben. Höchstgewicht 2 kg. Name und Nummer sind genau anzugeben. Rauchwaren erhalten wir in der Anstalt. Schriftliche Mitteilungen jeder Art sowie Messer, Gabeln, Scheren, Briefpapier, Geld, Spielkarten, Bleistifte, Streichhölzer, Feuerzeuge, Benzin, Pfeffer, Zitronen dürfen den Paketen nicht beigefugt werden, anderenfalls wird Post- und Paketsperre bis zur Dauer von 6 Wochen verhängt.

Ich kann alle 14 Tage einen Brief- und ein Paket mit Wäsche erhalten. Die Briefe dürfen nicht langer als 2 Seiten sein. Geld könnt Ihr mir nur durch Postanweisung schicken. Vermerkt auf dem Abschnitt meinen Namen und meine Nummer.

Le colis est à remettre à la prison le mardi ou le vendredi entre 9 et 12 15 et 16 heures sur production de la présente lettre. Poids total du colis : 2 kilos. Il doit porter mon nom et mon numéro de matricule. Les couteaux, fourchettes, ciseaux, papier à lettre, argent, jeux de cartes, crayons, allumettes, briquets, essence, citrons et poivre sont sévèrement interdits ainsi que toute communication par écrit sous peine de privation de toute faveur pendant six semaines.

Je suis autorisé à écrire et à recevoir une lettre de deux pages tous les quinze jours. Réception des colis également par semaine.

L'envoi d'argent pour la cantine 100 francs par quinzaine doit se faire par mandat-poste indiquant au dos du coupon mon nom et mon numéro de matricule 42.36.

Ne mettre ni vivres ni sucreries ni photos dans les colis. Le tabac (cigares, cigarettes) peut être acheté à la cantine de la prison.


La Citadelle ne se trouve pas loin du domicile de Madame Dufour. Le bâtiment est visible de la maison et on peut l'observer facilement puisqu'il se trouve sur une hauteur de Liège. Madame Dufour examine minutieusement chaque fenêtre à l'aide d'une paire de jumelles. Et puis, à partir de la fenêtre supérieure de sa maison, elle agite un drap blanc pendant de longues heures car elle se dit que son mari a peut-être la possibilité d'observer la ville entre les barreaux ; peut-être voit-il sa rue, sa maison ?

Et effectivement, son émotion est grande quand elle aperçoit un drap blanc, accroché à une fenêtre de la Citadelle. Les signaux qui deviendront quotidiens ne constituent qu'un fil très ténu entre les deux époux, mais Madame Dufour sait au moins que son mari est encore en vie.

Le 7 mai 1944, il n'y a plus de drap blanc à la fenêtre ; il n'y a plus le moindre indice visible, même à l'aide de jumelles.

Quelques jours après, elle constate qu'un drap blanc apparaît à une fenêtre de la partie inférieure de la Citadelle ; ce changement est durement ressenti car tout le monde sait que les Allemands réservent les cachots du bas à ceux qui vont être condamnés à mort et qui seront fusillés ou déportés !

Madame Dufour veut absolument améliorer ses contacts avec son mari, avoir des nouvelles de sa santé...

Et puisque l'échange de courrier est interdit, elle trouvera un autre moyen. Elle prend un miroir et envoie des signaux lumineux sur la cellule ; peut-être pourra-t-elle ainsi mieux communiquer avec lui ?

Mais il faut arrêter de suite les signaux par miroir : les gardes allemands sont intrigués et s'apprêtent à intervenir. Heureusement, un ami parvient très vite à faire parvenir à Madame Dufour un petit papier sur lequel il a rédigé un message laconique mais clair : "ne plus se servir du miroir".

Ce document renseigne aussi que "tout va bien, santé bonne", mais annonce une nouvelle inquiétante : "passera bientôt conseil de guerre". Madame Dufour marque la date sur ce papier, le jour où elle l'a reçu : "22-5".

Le bail de la maison est à échéance depuis fin avril 1944 : Madame Dufour trouve là une bonne occasion de forcer la garde allemande afin de demander conseil à son mari. Elle rédige vite un petit mot et se rend aussitôt à la Citadelle ; peut-être pourra-t-elle le voir ? Mais la sentinelle accepte tout juste de prendre le message et de le porter au prisonnier.

La réponse est marquée sur le même document et le commandant IFM Dufour y appose sa signature après y avoir ajouté "Bons baisers" : ce sera là le dernier message écrit qu'il pourra faire parvenir à sa famille.

Il y a presque 5 mois que Paul Dufour a été arrêté, 5 mois de cachot, de privations, de séparation. L'échange quotidien de signaux par draps blancs se poursuit mais, le 31 mai, il y a un brouillard tenace qui empêche de voir la Citadelle.

Les jours suivants, il n'y a plus de drap blanc ! On a beau observer toutes les fenêtres du bâtiment aux jumelles, il n'y a plus le moindre signal.

Qu'est devenu le Commandant IFM Dufour ?

Pendant de longs mois personne ne pourra répondre à cette angoissante question...  Tout au plus, certains prisonniers de la Citadelle parviennent-ils à faire savoir à la famille qu'il a été déporté en Allemagne.


8. Ami, si tu tombes...

Dès que le Commandant est arrêté, la relève est assurée.

"Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place..." : telles sont les paroles du "Chant des Partisans".

Mais la famille Dufour donnera au texte écrit par Joseph Kessel et Maurice Druon un sens plus grandiose encore.

En effet, Renée remplace son père dans la dangereuse lutte contre l'ennemi, bien qu'elle sache que la famille est repérée par la Gestapo. Il est vrai que la jeune fille mène le combat contre l'occupant depuis le début de 1943 : à 20 ans, comme son père pendant la Première Guerre mondiale, elle avait répondu à l'appel de son pays. Elle portait en effet de nombreux documents sur la Wehrmacht aux agents de la Résistance.

Elle reprend avec courage le flambeau tombé des mains de son père et redouble d'ardeur dans la lutte contre les Allemands. Elle dactylographie le courrier et acheminera un grand nombre de documents, de timbres et de l'argent qu'elle portera sur elle ou qui seront cachés dans les vêtements de sa soeur ou de ses frères. Les pantalons golf de ses frères sont d'ailleurs pratiques pour dissimuler quantité de papiers.

Elle franchira ainsi, avec le sourire, un nombre important de contrôles allemands : sa jeunesse, son assurance, sa foi inébranlable lui permettront de passer sans encombre au travers des mailles serrées du filet tendu par la Gestapo dans tout le pays.

Elle deviendra, elle aussi, membre du réseau Bayard.

Elle prendra les risques les plus grands en allant chercher un pilote américain, un aviateur canadien, qu'elle conduira au nez et à la barbe de l'occupant vers un autre rendez-vous où ils seront pris en charge pour une évasion vers l'Angleterre. Elle les conduit au tram, tout simplement.

Elle demande aux militaires alliés de ne parler à aucun prix surtout quand le contrôleur vient vérifier les billets ; la consigne ne sera pas toujours respectée par ces aviateurs parfaitement flegmatiques, et plus d'un Liégeois sera surpris d'entendre quelques mots d'anglais dans un tram bondé alors que l'on voit des uniformes Feldgrau dans les rues de la ville... Nul doute qu'elle a souvent frôlé la mort.

En évoquant l'action valeureuse de Paul et Renée Dufour, on ne peut s'empêcher de penser à Walthère Dewé, grand résistant liégeois tombé sous les balles allemandes le 14 janvier 1944 et dont les deux filles participaient également à la lutte acharnée contre l'occupant.


9. Adjudant de renseignements et d'action

Les services éminents rendus au pays par Renée Dufour à partir du 25 février 1943 ont été officiellement reconnus par le Ministère de la Justice le 3 janvier 1945.

De plus, la lutte courageuse qu'elle a menée pendant la guerre lui a valu d'être nommée Auxiliaire des Services de Renseignements et d'Action de Première Classe à la date du 1er mars 1944 (Arrêté du 4 juin 1948), puis Adjudant à la date du 1er mai 1944, c'est-à-dire à l'âge de 21 ans (Arrêté du 4 avril 1946).

 

10. L'attente

Les mois passent sans qu'aucune nouvelle ne parvienne à la famille sur le sort de Paul Dufour. Heureusement, Madame Dufour est entourée de l'affection de ses quatre enfants : Renée seconde admirablement sa maman.

Et puis, il y a tous les amis, les officiers, le personnel de la MAE qui réconfortent régulièrement la famille...  Le colonel IFM Bertrand et son épouse viennent un dimanche sur deux, rue de la Justice ; les autres dimanches, la famille se rend au domicile du directeur de la MAE.

Le débarquement en Normandie en juin 1944, la libération de la Belgique et l'effondrement progressif des armées hitlériennes apportent les plus grands espoirs au Pays et en particulier aux familles qui ont un être cher quelque part en Allemagne.

Chaque jour, on pense au prisonnier, on prépare son retour au pays, son accueil au foyer...

Début 1945, Madame Dufour reçoit une demande de renseignements émanant du SGARA (Service général des Agents de Renseignements et d'Action) afin d'orienter les recherches ; ce document sera également transmis à des milliers de familles comptant des prisonniers politiques.

Un jour, le colonel IFM Bertrand vient à la maison ; son visage est grave ; il annonce la nouvelle tant redoutée : Paul Dufour a succombé aux terribles sévices qu'il a subis pendant de longs mois dans les prisons et camps de concentration nazis. La pénible nouvelle vient de lui être transmise par le Ministère de la Défense nationale le 5 mai 1945...


11. Les témoignages.

Dans les "Ordres de Service" n° 37 du 7 mai 1945, le colonel IFM Bertrand, devenu entre-temps directeur de l'Atelier central d'armement (ACA), regroupant les membres de la MAE et de la FRC, fait part au personnel du décès de celui qui "possédait des qualités d'homme de science, d'organisateur et de chef, qui prêcha la résistance à la mise au travail du personnel, prit une part prépondérante aux Services de Renseignements et d'Action et qui fut pour ses subordonnés un chef bienveillant, compréhensif et profondément humain".

Armée belge

Service du matériel de guerre

Atelier central d'armement

Direction

Ordres de services n° 37

Liège, le 7 mai 1945


1.- PERSONNEL.

Déces du capitaine en 1er IFM Dufour

J'ai été averti le 5 courant, par un délégué de Monsieur le Ministre, du décès en Allemagne où il était déporté comme condamné politique, du capitaine en 1er I.F.M. Dufour, sous-directeur de la M.A.E.

Évadé de Belgique sous l'occupation allemande de 1914-1918, le Commandant Dufour s'était engagé à l'Armée comme volontaire de guerre et fit vaillemment son devoir au front. Devenu Officier il passa dans le cadre des Ingénieurs de Fabrications Militaires où il put mettre en valeur ses qualités d'homme de science, d'organisateur et de chef.

Sous l'occupation dont nous venons de sortir, le Commandant Dufour se prodigua dès 1940 de toutes les manières possibles pour nuire à l'ennemi, prêcha la résistance à la mise au travail du personnel et prit une part active et prépondérante aux Services de Renseignements et d'Action.

La disparition du Capitaine en 1er I.F.M. Dufour constitue pour l'Armée et pour le M.A.E, une perte irréparable. Ses chefs perdent en lui un collaborateur d'élite, ses égaux un camarade toujours prêt a rendre service et ses inférieurs un chef bienveillant, compréhensif et profondément humain.

Je présente à sa veuve, qui supporte sa douleur en patriote et en femme d'officier, et à ses enfants les condoléances émues de tout le personnel.

Le Commandant Dufour vivra dans nos mémoires.

Le Colonel I.F.M. Bertrand, Directeur

Les témoignages affluent aussitôt de toutes parts : c'est le colonel IFM Paris, directeur du Matériel de Guerre, qui, dans sa très belle lettre du 17 mai 1945, adressée à madame Dufour, écrit que : "sa mort pour la Patrie n'est que le couronnement tragique d'une carrière empreinte d'un dévouement absolu à l'Armée et d'une très haute conception du devoir".

Sa famille, ses amis apprendront qu'il avait d'abord été emprisonné au camp de concentration de Gross-Strehlitz puis à celui de Gross-Rozen (1), où entouré des soins de deux médecins belges, il a succombé à une pneumonie suivie d'une dysenterie.

(1) Gross-Rozen (actuellement Rocoznica en Pologne) construit en 1940. 200.000 détenus de différents nationalités y ont été déportés. Le camp a été libéré par les soldats soviétiques le 14 février 1945.

Le sous-directeur de la MAE est décédé à la fin du mois de janvier 1945, 3 semaines avant que les soldats de la 52e armée du premier front d'Ukraine fassent leur entrée dans le camp de la mort...

Par une lettre très émouvante datée du 22 mai 1945, le Docteur André, qui l'a assisté dans ses derniers jours, rend hommage "au moral", au courage et à la sérénité qu'il a montrés, malgré les privations et les travaux durs qu'il a supportés jusqu'au bout, en beau Soldat qu'il était" et fait part de l'admiration de tous pour "ce mari, ce père, ce Belge grand soldat"...

Et puis ce sont les sous-officiers et les ouvriers de deux « Belgian L of C Troops Workshops » provenant en grande partie de la MAE et se trouvant à l'entraînement en Grande-Bretagne, qui, par la lettre du Colonel IFM Paris, datée du 29 mai 1945, tiennent à exprimer leur douloureuse émotion à l'annonce du décès de celui qui fut leur chef estimé. Ils se souviennent encore de son action courageuse qui a sauvé des dizaines d'ouvriers de la déportation vers l'Allemagne.

D'autres prisonniers qui ont partagé avec lui l'horreur du camp de concentration de Gross-Rozen apportent également leurs témoignages rédigés sur un simple petit papier : en décembre 1944, Paul Dufour est entré à l'infirmerie, souffrant d'une pneumonie, puis succomba à une dysenterie. Sa mort se situe entre le 20 et le 25 janvier 1945.

Ce message cite aussi ceux qui l'ont "connu personnellement et l'ont apprécié".

Le 27 octobre 1945, le journal Liberté, organe de la Fédération liégeoise du Parti communiste, qui publia 82 numéros clandestins pendant la guerre, consacre au Commandant IFM Dufour un article intitulé "Ceux qu'il faut venger !".

Dans un style encore très influencé par les souffrances que la population venait d'endurer pendant cinq ans de la part d'un occupant haï, le journal rend un hommage vibrant au résistant, à l'expert en explosifs, conseiller technique précieux des partisans, mais surtout à "l'homme décidé à tout pour arracher les ouvriers de la MAE et de la FRC aux mains de l'ennemi".

Cet article prouve, s'il en était encore besoin, combien le commandant était proche de ses ouvriers et combien il était estimé et aimé par eux.

Le 29 novembre 1945, Louis Bosny, prisonnier avec lui à la Citadelle de Liège, met en exergue les hautes valeurs morales de celui qui "était pour ses compagnons de cellule, un professeur d'énergie et de patriotisme dont les propos et l'exemple étaient un sujet d'admiration".

La famille apprendra aussi que le commandant a été arrêté suite à une dénonciation arrachée par la G.F.P. à un détenu qui n'a pas résisté aux terribles tortures de ses bourreaux.

Le 26 mars 1946, le Field Marshal B. L. Montgomery, commandant en chef du 21e groupe d'armées, rend un bel hommage à Paul Dufour, qui, "comme volontaire des nations-Unies donna sa vie afin que l'Europe soit libre".

Ce "Certificate of Service" a été personnellement remis au cofondateur et chef du réseau Bayard, Antoine Jooris, par le célèbre vainqueur d'El-Alamein et transmis ensuite à Madame Dufour.

Le 28 mars 1946, le Pays reconnaissant, commissionne Paul Dufour au grade de major IFM à la date du 26 décembre 1944...

L'oeuvre généreuse accomplie par l'héroïque officier et son rôle au sein d'un Service  de Renseignements et d'Action à partir du 1er janvier 1943 ont été officiellement reconnus par le SGARA.

Après la Guerre, la médaille du célèbre Réseau Bayard lui sera attribuée à titre posthume : Madame Dufour recevra la médaille des mains d'Antoine Jooris.


12. L'arsenal d'armement

En octobre 1949, par décision ministérielle, le quartier dans lequel vient de s'installer l'arsenal d'armement et qui regroupe ainsi la MAE et la FRC, reçoit officiellement l'appellation Quartier Majour IFM Paul Dufour en hommage à l'ancien sous-directeur de la Manufacture.

Le quartier sera inauguré le 28 mars 1949 par Monsieur Defraiteur, Ministre de la Défense nationale et la dénomination de l'établissement sera publiée dans l'Ordre Général n° 89 du 20 février 1950.


13. La 118 Promotion Polytechnique

En 1963, la 118 Promotion Polytechnique entre à l'école royale militaire. Sur proposition des anciens de la 79 Promotion d'Artillerie et Génie, elle recevra le nom de "Promotion Major IFM Dufour" à l'occasion de la prise d'armes du 15 octobre 1963. C'est le secrétaire de la 79 Promotion, René Delobelle, qui en fait part à Madame Dufour.

Lors de cette cérémonie, les élèves écouteront avec grande attention le récit de la vie exemplaire de leur Parrain de Promotion.


14. Le tombeau des héros est le coeur des vivants - André Malraux

Le 2 décembre 1983, à l'occasion des fêtes de Sainte-Barbe et Saint-Éloi, en présence de Madame Paul Dufour et de sa famille, du général-major IFM e.r. Dupuis, du général-major Juliam, commandant de la Division logistique, d'anciens de la MAE et de la FRC, le colonel ingénieur Salle, chef de corps, procède à l'inauguration de la plaque commémorative placée près du Mess Officiers, dans le bâtiment état-major de l'arsenal.

La plaque retraçant brièvement une vie généreuse...

Plus d'un visiteur lit le texte résumant la carrière généreuse de ce chef d'élite. Le visiteur soupçonne-t-il un instant que derrière ces quelques phrases, il y a toute une vie de courage, de don de soi, de lutte désespérée d'un résistant dont les dernières forces ne se sont éteintes que dans l'enfer concentrationnaire nazi ?

En 1985, dans "À l'ombre de la mort", livre sur les camps de concentration qu'il a connus, le Professeur Léon-Ernest Halkin de l'Université de Liège écrit en citant quelques officiers, dont Charles Claser et Paul Dufour, assassinés par le Troisième Reich : "Tous sont morts après avoir donné le plus bel exemple de résistance d'un groupe social qu'il m'ait été donné de constater".

Commandant BEM Charles Claser de la Légion belge, Commandant IFM Paul Dufour du réseau Bayard : ils ont connu la même fin tragique. Déjà affaiblis par les épreuves endurées, ils ont été évacués le 1er octobre 1944 de Gross-Strehlitz à Gross-Rozen. Ils ont été soumis au régime inhumain qu'ont connu tant de détenus politiques.

Début décembre 1944, squelettiques, ils sont entrés ensemble à l'infirmerie du camp : le docteur André les a assistés jusqu'à leur décès, respectivement en décembre 1944 et en janvier 1945.

Nul doute que ses paroles, si justes, étaient adressées à ces deux martyrs : "Quand je les vis emmenés vers le crématoire, j'eus l'impression que notre Patrie perdait les meilleurs de ses enfants".


15. La part de l'homme...

En rédigeant cet ouvrage, nous nous sommes souvenu des mots d'André Malraux : "La vraie barbarie, c'est Dachau ; la vraie civilisation c'est d'abord la part de l'homme que les camps ont voulu détruire".

Quarante-quatre ans après le décès de l'ancien sous-directeur de la MAE, quarante ans après l'inauguration du quartier major IFM Paul Dufour, nous avons retracé, partiellement et de façon bien imparfaite sans doute, la vie de l'héroïque officier...

En hommage à son dévouement, à son sens du devoir, à son combat inlassable, poursuivi au péril de sa vie, jusqu'à l'aube de la victoire sur l'Allemagne hitlérienne...

Afin que les vertus exceptionnelles qui l'ont animé ne soient pas oubliées...


La suite de l'ouvrage paraîtra dans le prochain bulletin et aura pour titre "54 noms sur notre Monument".


Date de mise à jour : Vendredi 6 Novembre 2015