Tome IV - Fascicule 4 - octobre-décembre 1989


À propos de la bataille de l'Yser

Jean HARLEPIN


Dans le cadre des 75 ans (octobre 1914 - octobre 1989) depuis l'événement et à l'occasion d'une visite faite par la section de Bruxelles du CLHAM à Ypres et à Dixmude, nous croyons utile de rappeler quelques faits saillants de cette année 1914 et en particulier de la bataille de l'Yser.


I. Rappel chronologique

Pour situer la bataille de l'Yser dans le cadre de l'offensive allemande de 1914, nous croyons bon de rappeler les événements principaux de cette campagne.

A. Du 4 août au 15 août 1914

Le 4 août, les armées allemandes envahissent la Belgique. De grosses masses déferlent sur notre pays selon le plan Schlieffen, qui a déjà été exposé dans le Bulletin, tome IV, fasc. 2.

L'armée belge part en guerre avec environ 117.000 hommes pour l'armée de campagne. Les hostilités commencent par l'attaque de Liège et, par voie de conséquence, les forts (fortification permanente) vont jouer un rôle non négligeable. Leur constitution et leur histoire sont connues des membres du CLHAM. Les derniers forts tomberont les 16 et 17 août.

B. Du 6 août au 20 août 1914 - Position d'attente sur la Gette

Dans l'attente, vaine, de l'arrivée des Alliés, l'armée belge marque un temps d'arrêt, jusqu'au 18 août, sur la Gette. C'est pendant cette période qu'eut lieu le combat de Haelen, le 12 août. Les Allemands furent stoppés.

Mais peu à peu, les combats reprirent. Les Allemands se faisaient pressants. Le point culminant fut alors le combat de Houtem-Sainte-Marguerite. À ce moment, pour éviter un désastre, et les Alliés ne s'étant pas encore manifestés, le Roi Albert décida la retraite sur la Dyle. Citons encore un combat important à Aarschot.

C. Du 19 août au 25 août 1914 - Attaque de Namur

Par rapport à Liège, on peut remarquer que les Allemands ne risquèrent plus d'attaques d'infanterie contre les forts ; ils mirent immédiatement leur grosse artillerie en oeuvre. Le bombardement commença le 21 août. Ici, on vit apparaître pour la première fois des Français, le 22 août. Les Belges résistèrent tant que les forts tinrent, mais l'histoire de ceux-ci fut similaire à celle des forts de Liège.

Pendant ce temps, la bataille sur la Gette se terminait par un repli.

Namur couvrait ce repli par sa résistance. La situation devenant critique, le repli fut décidé aussi à Namur et se fit le 24 août. La 4e Division d'Armée et les Français reculèrent en direction du sud et les unités belges furent ramenées à Anvers pour le 2 septembre.

D. Du 25 août au 27 septembre - Opérations autour d'Anvers

Cette phase est quelque peu différente. Les Allemands essayent de continuer leur offensive selon le plan Schlieffen et laissent les Belges sur leur flanc droit, sans trop s'inquiéter. Quelques troupes masquent les Belges qui ne sont plus "dans le chemin". Mais c'est compter sans leur vaillance et leur pugnacité.

La position d'Anvers était en fait un danger pour les communications allemandes passant par Bruxelles. Aussi les Belges se payèrent-ils le luxe d'effectuer deux sorties offensives qui gênèrent les Allemands, surtout au moment du coup d'arrêt donné sur la Marne. Cette situation amena les Allemands à décider d'éliminer les Belges ; ce fut le siège d'Anvers.

E. Du 28 septembre au 10 octobre - Le siège d'Anvers

La chute de Maubeuge (bataille de la Sambre) rendit libre l'artillerie allemande. Celle-ci fut ramenée devant Anvers et le siège des forts du camp retranché fut entrepris selon une méthode maintenant bien au point. Les Allemands écrasèrent les forts sous une puissante artillerie, située au-delà de la portée des pièces belges. Le sort des forts ne pouvait laisser aucun doute. Néanmoins, les Belges résistèrent à Anvers jusqu'au 9 octobre.

Ici aussi, on commença à recevoir l'aide alliée sous la forme de quelques unités britanniques qui participèrent aux combats d'Anvers (6 octobre).

La capitulation se fit le 10 octobre... mais l'armée belge avait entre-temps évacué la ville et était en retraite, en bon ordre.

Les Allemands furent bien déçus de n'avoir pu prendre l'armée belge au piège. La retraite était dangereuse car l'armée belge défilait parallèlement au flanc droit de l'armée allemande dans sa course à la mer. En effet, n'ayant pu emporter la décision sur la Marne, les Allemands qui disposaient, en vertu du plan Schlieffen, de masses de troupes dans le nord, s'efforcèrent de déborder l'aile gauche française. Les Français avaient en effet concentré leur armée dans l'est et ils durent s'activer pour ramener ces troupes sur leur gauche afin d'éviter le débordement. C'est ce qu'on a appelé "la course à la mer".

Il était inévitable que le coup d'arrêt devait avoir lieu aux abords de la mer où on trouvait sur place : les Belges qui retraitaient d'Anvers, les Anglais qui commençaient à débarquer et quelques troupes françaises.

Et ce fut "l'Yser". Ce fut là aussi que les Belges reçurent l'appui des armées alliées et que l'on put former bloc pour arrêter les Allemands.

F. Du 15 octobre au 1er novembre - La bataille de l'Yser

Après la retraite à travers les Flandres, les Belges, réduits à 70.000 hommes, vinrent s'aligner sur une position qui longeait en pratique l'Yser, avec une tête de pont à Dixmude et une à Nieuport. L'armée s'étirait jusqu'à Boesinghe où elle se rattachait aux Français (sur l'Yperlée).

Dans la région d'Ypres, se trouvaient les Anglais qui, en fait, occupaient un large saillant devant la ville d'Ypres, jusque Langemarck, Zonnebeke, Gheluvelt.

Le 15 octobre, les Belges sont prêts et divers renseignements sur les mouvements des troupes allemandes laissent prévoir une attaque prochaine. La bataille a lieu le long de l'Yser et elle se déroule sans esprit de recul de la part des Alliés. Pourtant les Allemands, qui terminent leurs préparatifs et disposent de plusieurs corps d'armée, semblent bien décidés à percer, soit sur l'Yser, soit sur Ypres, soit plus au sud encore si nécessaire. La bataille est dure et a lieu en rase campagne.

G. La bataille proprement dite

Le 16 octobre, une première attaque sur Dixmude, occupée par les fusiliers marins de Ronarc'h est un échec pour les Allemands. La forêt de Houthulst est citée parmi les combats (action du corps de cavalerie belge).

Le 18 octobre, les Allemands attaquent Lombartsijde et les environs.

Le 19, c'est de nouveau au tour de Dixmude. Le 20, les Belges n'occupent plus sur la rive droite de l'Yser, entre Dixmude et la mer, que les têtes de pont aux extrémités du front (Lombartsijde et Dixmude).

Les Allemands s'alignent le long de l'Yser et, comme ils ne parviennent pas à forcer les extrémités, ils vont attaquer au centre. Plus au sud, les attaques allemandes se multiplient contre les Anglais et les Français (à Arras entre autres).

Le 21, le déploiement des Allemands est achevé et ceux-ci procèdent sur l'Yser à un bombardement en même temps qu'ils attaquent à nouveau Dixmude et Ypres. Une crise se produit dans la boucle de Tervaete et à Stuyvenskerke : les Allemands ont réussi à traverser l'Yser. Le 25, l'ennemi continue son effort sur le centre belge, sans réussir à l'ébranler.

C'est alors qu'est prise la décision d'inonder la région (le 25 octobre).

Le principe en est simple : il suffit d'utiliser les écluses de Nieuport qui règlent l'écoulement des eaux de l'Yser en les faisant travailler à l'envers.

On bouche les trous et passages dans le remblai du chemin de fer Nieuport-Dixmude et l'eau commence à s'accumuler lentement dans les prairies.

Le 27 octobre, après d'autres essais ailleurs sur la Lys, les Allemands diminuent leur pression sur les Belges.

Le 29 octobre, l'activité des Allemands reprend sur le front belge (l'empereur est arrivé à Thieit le 26). Il y a attaque à Pervijse : échec allemand.

On se bat à Poelcappelle et Passchendaele, à Armentières et à Ramscappelle.

Le 30, l'action reprend sur tout le front, de la mer à La Bassée. Malgré des combats violents, les Allemands ne peuvent percer et le 31, la crise se dénoue pour les Belges ; c'est l'échec pour les Allemands.

Il y a encore d'âpres combats contre les Anglais et les Français mais, le 1er novembre, les Allemands commencent la retraite devant les Belges et l'inondation. C'est la victoire, mais à quel prix ! L'armée belge est réduite à 50.000 hommes.

Après les durs combats de la deuxième quinzaine d'octobre 1914, le front se stabilise.


II. La stabilisation

Après la bataille de l'Yser, qui terminait la première phase de la campagne (la guerre de mouvement) et marquait l'arrêt et l'offensive allemande, il y eut sur l'ensemble du front une stabilisation ; celle-ci dura 4 années.

Voyons comment était le front le 30 octobre, après les durs combats qui stoppèrent les Allemands.

Le front belge commence à Nieuport avec une tête de pont sur la rive droite de l'Yser. Lombartsijde, longtemps disputée, est sur la ligne de front. Les Belges restent maîtres du jeu d'écluses commandant l'inondation. Ces écluses sont situées au pied du monument actuel au Roi Albert. Ensuite le front rejoint le remblai formé par le chemin de fer Nieuport-Dixmude qui sert de barrière à l'inondation. Celle-ci occupe surtout le no man's land entre le remblai et l'Yser qui forme un arc de cercle. Les Allemands devront évacuer cette zone.

En approchant de Dixmude, le front quitte le chemin de fer au nord-ouest de cette ville. Celle-ci est d'abord tenue par les Belges (avec l'aide des Français - tête de pont). Mais assez vite, les Allemands s'emparent de la ville et les Belges se maintiennent sur la rive gauche. Le front descend alors le long de l'Yser (rive gauche), puis de l'Yperlée (rivière canalisée).

Au sud de Dixmude, les Belges occupent le long de l'Yser et de l'Yperlée les villages de Driegrachten, Luyghem, Steenstraete, Merckem et Boesinghe. À ce dernier point, les Belges font la jonction avec les Français.

Au sud, nous trouvons les Anglais, qui occupent Ypres ainsi qu'une tête de pont englobant les villages de Langemark, Zonnebeke, Geluvelt, Poelcappelle, Passchendaele, Becelaere, Zandvoorde, Hollebeke.

C'est le saillant d'Ypres, qui fut le théâtre d'âpres combats.

Le front descend ensuite en direction sud vers Armentières.

À noter que les Belges disposaient d'une deuxième ligne de défense : le canal de Loo qui, en fait, n'eut jamais à servir. Entre ce dernier et le remblai du chemin de fer, les Belges construisirent un vaste réseau de tranchées constituant un front qui, couvert par l'inondation, résista durant quatre années.

Quelques points saillants

1. Dans la zone limitée par la boucle de l'Yser à l'est et le remblai du chemin de fer, entre Nieuport et Dixmude, se situe donc une zone inondée que les Allemands ont dû évacuer. À certains endroits, il subsiste des points hauts, non inondés, des chemins, des fermes, des villages (églises). Il est évident que ces points émergents vont revêtir une importance stratégique pour les deux adversaires ; ce sont des points d'observation indispensables pour la poursuite des combats. On est dans un no man's land et les adversaires vont s'efforcer d'occuper ces points. Cela va donner lieu à des activités de patrouilles chargées d'occuper, de défendre, voire de réoccuper ces postes par des coups de main.

La simple constitution de ces postes (P.O. et grand'gardes) était un exploit en soi ; en effet, l'inondation interdisait de creuser le sol détrempé ; il fallait donc utiliser au mieux les ruines existantes et compléter les tranchées par apport de matériaux (sacs de terre). Cela se faisait de nuit, à dos d'hommes, sur des passerelles branlantes, installées au travers des inondations.

Outre le problème matériel de ces entreprises, il fallait compter avec la présence de l'ennemi, qui connaissait ces travaux et, par des bombardements et des tirs de mitrailleuses, essayait, jour et nuit, de les entraver. D'où l'insécurité et de nombreuses victimes.

Des noms de villages reviennent dans les récits : Ramscappelle, Pervijse, la boucle de Tervaete, Oud-Stuyvekenskerke. Pour ce dernier village, l'église a servi de P.O. d'artillerie : voir l'épopée du capitaine Martial Lekeux (se référer à ce sujet à l'article de André Gany, dans le Bulletin, tome IV, fasc. 2).

2. Le Boyau de la Mort à Dixmude

À l'endroit où le front, venant du remblai, aborde l'Yser en face de Dixmude (à peu près où se trouve l'actuelle Tour de l'Yser), il existait une langue de terre suivant la rive gauche dans le sens vers l'aval. Les Belges décidèrent de l'occuper pour renforcer leur front.

Ce bout de terrain (connu sous le nom de la Borne 16) était très exposé aux tirs ennemis. Les travaux furent commencés à la sape (1) sur quelques centaines de mètres. Ils s'arrêtèrent lorsque les Belges se rendirent compte que les Allemands, présents un peu plus loin sur la même rive, procédaient de même. Le morceau de tranchée ainsi construit le long de l'Yser allait devenir le Boyau de la Mort. Ce dernier, tel qu'il est de nos jours, comporte deux éléments placés en forme de V :

a) une tranchée qui longe la rive de l'Yser. Cette tranchée est double et comporte en première ligne une tranchée en zig-zag qui est la tranchée de combat. Elle est doublée par une tranchée de liaison, en ligne droite, avec, à intervalles réguliers, des liaisons avec la tranchée précédente. Au bout de la tranchée de combat, il y a des postes d'observation. Plus en avant (à une cinquantaine de mètres), se trouve un gros abri en béton.

b) à 90° de la tranchée ci-dessus, se trouve un autre ouvrage, dit "du Cavalier", qui est constitué aussi d'un double réseau de tranchées ; l'une située à l'arrière, sert à desservir la tranchée principale qui, elle, est surélevée et construite sur un réseau d'abris souterrains. Cette partie surélevée comporte, outre des postes de tir, des postes d'observation.

Nous retrouvons dans ces deux éléments des principes que l'on rencontre dans toute fortification, qu'elle soit permanente ou passagère. La disposition en ligne tronquée permet d'intercaler de place en place des traverses empêchant le tir d'enfilade au cas où l'ennemi parviendrait à s'introduire dans un élément de la tranchée. Dans la traverse, il y a, en plus, une meurtrière permettant de contrer l'adversaire.

Sur la deuxième partie (b), on retrouve l'idée du cavalier (point surélevé d'où l'on surplombe l'ennemi), lequel existe dans certains forts. Évidemment, dans notre cas, la surélévation est faible, mais cela suffisait dans cette Flandre très plate, pour observer les Allemands sur l'autre rive.

Nous avons retrouvé un plan dans le livre Les Sites de Guerre - Campagne 1914-1918 - Brochure n° 2. Celui-ci donne la disposition des lieux vers la Borne 16, en octobre 1915.

Le boyau actuel est un morceau d'un ensemble plus conséquent, s'intégrant dans un vaste réseau de tranchées ou boyaux de circulation. On y reconnaît : le Cavalier, le Boyau de la Mort à la Borne 16 et la Tête de Sape. On remarque également les fermes formant points de repère et centres de résistance.

(1) N.d.l.r. : des explications sur les travaux de sape sont donnés dans le Bulletin, tome IV, fasc. 3, pages 67 et 68.

Beaucoup de tranchées étaient constituées de sacs de terre mais, par la suite, on utilisa des sacs remplis de béton, ce qui résistait mieux à la pluie et aux projectiles. Le béton fut aussi abondamment utilisé pour les abris, ce qui améliora un tant soit peu le confort et la sécurité des soldats.

3. Nous ne pouvons pas évoquer la bataille de l'Yser sans mentionner "Steenstraete", nom qui est attaché au premier emploi par les Allemands de cette terrible arme qu'est le gaz de combat.

L'Allemand, qui cherche la victoire à tout prix, attache une certaine importance au saillant d'Ypres (boucle du front à l'est d'Ypres), tenu par les Anglais, qui ont les Belges sur leur gauche (entre Boesinghe et Dixmude).

Il veut prendre la ville d'Ypres. La jonction entre les deux armées, belge et anglaise, est un point faible, comme toujours dans ce cas. Après une formidable préparation d'artillerie, l'ennemi envoie à l'assaut environ 100.000 hommes.

En même temps, il accompagne cette attaque de l'emploi de gaz asphyxiants. La surprise lui permet de prendre pied à Steenstraete chez les Belges et à Saint-Julien chez les Anglais.

Ce gaz, inconnu alors des Alliés, prit le nom d'"Ypérite" à cause de son emploi dans la région d'Ypres. Les gaz firent dès lors partie des misères subies par les troupes alliées sur leurs fronts respectifs. Encore de nos jours, on retrouve de ces obus à gaz enfouis dans les champs de la Flandre ou en mer.

4. Ypres, ville fortifiée, très ancienne, eut beaucoup à souffrir des combats de 14-18. En fait, tout comme Nieuport et Dixmude, la ville fut pratiquement rasée, y compris ses églises et sa célèbre Halle aux Draps.

Actuellement, la ville a été reconstruite en respectant son style original.

Ypres est une ville du Moyen Âge qui comportait de nombreux monuments, édifices, etc. dont certains dataient de l'an 1073. La ville, dans le cours de son histoire, fut fortifiée par une muraille avec des tours. Vauban intervint, modifia et renforça le système existant. On en retrouve de nombreuses traces aujourd'hui. L'est de la ville comporte un mur bastionné (bastion avec orillons), mais de faible profondeur, sans lunette, tenaille ou contre-garde. Au sud, la fortification revêt l'aspect classique du système bastionné, avec fossé humide et demi-lune. Il faut toutefois mentionner que la Porte de Lille, à l'ouest (complètement restaurée) a gardé le système de murs avec tours incorporées. Quelques vestiges restent, tels que : anciens appels d'air pour casemates, petite écluse, demi-lunes, casemates voûtées, restes d'une ancienne tour, magasin à poudre (hollandais !).

À noter que pendant les combats, en 1914, les casemates ont bien résisté et ont été utilisées comme abris divers par les Anglais. Pendant les 4 ans, Ypres fut une ville immédiatement située derrière le front, qui formait à l'est ce qui est connu sous le nom de "saillant d'Ypres". De furieux combats émaillèrent les années noires. Un musée consacré aux événements est visitable (2).

(2) N.d.l.r. : tous les soirs, à 20 heures, des clairons sonnent le "Last Post" au monument mémorial de la Porte de Menin, où sont écrits les noms de 5.896 soldats britanniques et du Commonweaith, morts dans le saillant d'Ypres (voir le Recueil 1914-1918, Liège-l'Yser, édité pour le 75e anniversaire de la Grande Guerre par le CLHAM).

5. La Minoterie de Dixmude

Nous pensons qu'il est également bon de rappeler l'existence d'un point d'appui qui joua un grand rôle dans la bataille de l'Yser. Il s'agit de la Minoterie (meunerie). C'était un bâtiment industriel assez vaste, haut et solide. De plus, sa situation (le long de l'Yser, rive droite, pratiquement en face de la tour de l'Yser actuelle), était exceptionnelle. Inutile de dire son importance comme point d'observation.

Les Belges en firent un observatoire d'artillerie qu'ils utilisèrent pendant la bataille de l'Yser, du 25 au 31 octobre. Déjà à ce moment, les Allemands lancèrent une attaque locale à Dixmude qu'ils purent ainsi occuper, y compris la Minoterie : celle-ci devint un observatoire allemand. Ces derniers fortifièrent ce P.O. avec du béton et, pendant 4 ans, ce point fut le cauchemar des Belges, à cause non seulement de la possibilité d'observation, mais aussi de la présence de mitrailleuses et de minenwerfers qui arrosaient les positions belges. Le Boyau de la Mort fut fréquemment l'objet de ses tirs. Aucun bombardement, aussi fort fut-il, n'en vint à bout.


Conclusion

Ce bref rappel d'événements déjà vieux de 75 ans ne doit pas nous faire oublier les souffrances de ceux qui ont eu à subir toutes les misères de la vie des tranchées. Souvenons-nous... pour l'avenir !


Date de mise à jour : Vendredi 6 Novembre 2015