Tome IV - Fascicule 1 - janvier-mars 1989


Le fort d'Embourg (8)

Gaston SALLE


Extrait des archives de la Bundesarchiv-Militärarchiv de la République Fédérale Allemande (traduit par le Colonel-Médecin Mathar).


Commandement supérieur

6e armée

Section Ia/Op.

Q.G./Armée, 10 mai 1940 à 20 heures 40


Ordre d'armée pour la continuation de l'attaque

1. La Hollande et la Belgique résistent à l'invasion allemande et ont demandé de l'aide immédiate aux puissances occidentales. Jusqu'à présent, une pénétration de forces anglaises ou françaises n'a pas été constatée. Sur le front de notre armée, l'ennemi, alerté très vite, a essayé de s'esquiver rapidement, et souvent sans combattre, derrière la Meuse et dans la ligne des forts de Liège ; à cet effet, il exécutait ses nombreux projets de destruction et de barrages.

Malgré cela, les troupes de notre armée, en s'y prenant rapidement, ont souvent réussi à obliger l'ennemi au combat, à s'emparer d'importantes têtes de pont et à faire des prisonniers.

Le 11 mai, au nord du canal Albert, l'ennemi tentera de s'opposer à l'attaque de notre armée par des combats retardateurs. Au canal Albert, il faut compter avec des contre-attaques sur la tête de pont Veldwezelt-Vroenhoven. Il est possible que le 11 mai il y ait une mise en oeuvre plus intense de l'artillerie et de l'aviation ennemies.

2. Dans le courant de l'après-midi sont arrivés :

IX CA

Horst, Sevenul, Roggel et aux ponts détruits à 6 Km à l'Est de Weert.

XI CA

ligne Horn-Kinrooi-Eelen.

IV CA

Tête de pont sur le Canal Meuse-Escaut près de Eysden et Hoorsheim, Uikhoven.

Têtes de pont aux ponts non détruits de Veldwezelt et Vroenhoven.

XXVII CA

Tête de pont à l'Ouest de Eysden, Fouron-Saint-Pierre, Henri-Chapelle, Limbourg.

On cherche à mettre en oeuvre des troupes aéroportées sur le fort d'Eben-Emael. Tous les ponts du temps de paix entre Venlo et Maastricht (y compris ceux de ces deux localités) sont détruits.

3. Voisin de droite : son aile gauche attaque la position "Peel" des deux côtés de Mill

Voisin de gauche avance, comme prévu, sur la ligne Sourbrodt - Saint-Vith.

4. Notre armée maintient son intention de continuer l'attaque avec, comme centre de gravité, les environs et l'ouest de Maastricht.

5. Missions

Les missions actuelles sont maintenues ; en ce qui concerne :

a) le IX CA (Poste de commandement CA : Kaldenkirchen), la 216 DI devra suivre sur et au nord de la route Hüls, Kempen et Breyell.

b) XI CA (Poste de commandement CA à 5 km au nord-ouest de Waldfeucht).

c) IV CA (Poste de commandement CA : Hoensbroeck, à 5 km nord-ouest de Heerlen) : suivant instructions verbales du commandement d'armée, la 2/361 DI doit avancer direction générale Elsloo.

XXVII CA (Poste de commandement CA : Neuberg, au sud-ouest de Gulpen) profondément déployé sur la gauche, ce CA, en traversant la Meuse de part et d'autre de Visé, couvre le flanc gauche du IV CA contre Liège (Note du traducteur : bien lire, à première vue, ce n'est pas exact, mais il semble que si !).

6. Il est important d'amener le plus vite possible des forces importantes jusqu'au canal Albert, de le traverser et d'élargir les têtes de pont à l'ouest de Maastricht de manière à permettre la mise en oeuvre d'importantes forces mobiles en direction générale de Gembloux. L'achèvement rapide du pont de guerre et du pont auxiliaire de Maastricht est d'importance capitale.

7. Reconnaissances

Reconnaissances à terre doivent être faites très tôt contre et sur le canal Meuse-Escaut en direction du canal Albert, afin de connaître le comportement des troupes mobiles et ennemies (faibles d'après les rapports précédents) y stationnées (cavalerie motorisée).

Reconnaissance aérienne de l'Armée tâcheront de déterminer si, sur les routes conduisant vers l'est et le nord-est par la ligne Neutzen-Termonde-Hal-Charleroi, des troupes ennemies, surtout motorisées, avancent vers le front.

Lignes aériennes de combat au moyen des escadrilles de CA : 's Hertogenbosch-Diest-Huy. Le but principal de ces reconnaissances est de déterminer :

-  si l'ennemi avance du canal Albert vers le canal Meuse-Escaut et le canal de Turnhout ou si les forces ennemies postées sur ces deux canaux refluent vers le canal Albert ;

-  comment l'ennemi se comporte dans le secteur de Liège (2 et 3 DI).

8. Réserves d'armée

255 DI : doit être rassemblée tôt le matin du 12 mai dans la région de Brüggen-Ober-Kriichen-Harde-Viersen-Anrath-Vorts-Büchteln-Boisheim afin d'être prête à avancer en direction de Wessem ; QG divisionnaire, Nieder-Krüchen.

XVI CA : point de rassemblement Rheydt.

Répartition des unités :

Général/Commandant XVI CA avec troupes d'E.M. et troupes de CA :

Trois divisions blindées ; groupe d'artillerie lourde II/49 ; bataillon mitrailleuses lourdes 9 (moins une compagnie) ; groupe antichar 654.

Toutes ces unités sont rassemblées dans la région Puffendorf-Aldenhoven-Jülich-Titz-Lowenich-Erkelens-Doveren-Linderen prêtes à avancer sur et au-delà de Maastricht.

9. Réserves de groupe d'armée

20 DI (motorisée) se trouve dans la région de Kückhoven-Morken-Wevelingshoven-Odenkirchen et prête à avancer sur Maastricht.

l CA (QG à Neuse) se prépare à avancer comme suit :

a)  avec la l DI par les routes Neuss/Nord, Korschenbroich, M-Gladbach, Hardt auf Wegberg et Neuss/Süd, Glehn, Rheydt, Rheindalen, Beek dans la région de Wegberg, Reydt, Kleien, M-Gladbach, Bickelrath ;

b) avec la II DI par les routes de Stolleln, Bedburg, Kalrath et Koln, Berheim, Steinstrasz pour cantonner dans la région de Kalrath, Steinstrasz, Ichendorf, Pulheim, Butshein et Harff.

223 DI : dès son arrivée à la gare de débarquement, elle sera mise aux ordres de l'armée et se rassemblera pour le 12 mai au matin dans la région de Slanake-Hagelstein-Henri-Chapelle-Hergenrath-Raeren (QG divisionnaire : Hombourg).

10. Corps aérien VIII apportera un soutien massif au IV CA et particulièrement l'aile droite du XXVII CA après consultation directe avec les commandants de ces CA.

11. Poste de commandement d'armée à partir du 11 mai à midi : Sittard.


Le commandant en chef,

(s) von Reichenau

Destinataires : sur feuille séparée qui ne figure pas dans ce recueil.


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Traduction d'un document H. 14-27/3 de la Bundesarchiv Militararchiv de Fribourg (République Fédérale Allemande) (document traduit par le Colonel-Médecin Mathar)


Le général commandant le QG/XXVII C.A.

QG/CA, le 13 janvier 1940*

* (Ndlr : date inexacte sur le manuscrit)


Attaque sur Liège, Meuse et canal Albert

Lors d'une discussion le 23 novembre 1939 avec les généraux à Berlin, le Führer a exprimé ses opinions sur l'opération à l'ouest. Il a souligné l'importance de la position fortifiée de Liège et surtout du fort d'Eben-Emael, qui menace l'aile gauche de la 6e armée dont la mission est de pénétrer en Belgique à travers la Meuse et le canal Albert et qu'il s'agit d'éliminer.

Quand la percée par le canal Albert aurait réussi, il faudrait encercler et attaquer la majeure partie au XXVII CA qui devait se familiariser avec cette idée. La première chose à faire par ce CA était de pouvoir couvrir l'aile gauche de la 6e armée, qui avançait en direction de Maastricht (le XXVII CA se trouvant précisément sur cette aile gauche). En conséquence, l'ordre de déploiement du commandement de la 6e armée prévoyait, en ce qui concerne ce CA : couverture de l'aile gauche et du flanc de l'armée contre les actions ennemies provenant de la position fortifiée de Liège et notamment de la ligne des forts Eben-Emael, Neufchâteau ; encerclement de la position fortifiée de Liège en surveillant le front est, d'abord sur la rive est de la Meuse, côté nord et nord-est, ensuite fixer l'ennemi par des poussées sur Visé surtout et exploiter toute occasion pour atteindre la rive ouest de la Meuse.

Les mémoires de l'OKH (commandement supérieur de l'armée de terre, NdT) parlent de la position fortifiée de Liège comme de la plus forte forteresse du monde, disposant d'un armement dans les forts extérieurs, très puissant et à longue portée.

De nos propres constatations, nous avons observé de la part des Belges l'établissement incessant d'obstacles et de champs de mines dans les terrains à l'avant de la forteresse. Le CA qui était groupé de manière serrée dans le région d'Aachen devait donc s'attendre à ce que le déploiement et l'avance sur les routes exposées au feu direct de l'artillerie ennemie à longue portée serait difficile, difficultés encore accentuées du fait de la présence d'obstacles, champs de mines et destructions.

Le rassemblement autour d'Aachen d'artillerie à longue portée tenait compte de ce fait ; elle devait neutraliser le tir des forts sur les IV et XXVII CA jusqu'au moment où les pièces d'artillerie du XXVII CA seraient mises en place pour s'opposer à l'artillerie ennemie à et autour d'Eben-Emael, Neufchâteau et Battice. La portée efficace des principales pièces (mortiers tchèques de 305 mm) dont disposait ce CA était de 6 à 9 km. Le premier devoir du CA était donc de s'approcher le plus vite possible de la forteresse.

D'après les observations, cela paraissait le plus facile pour l'aile droite du CA (269 DI) qui pouvait avancer sur territoire hollandais (pointe de Maastricht). On pouvait espérer s'y buter sur moins d'obstacles et de destructions qu'en Belgique et tenter de lancer vers la Meuse, entre Maastricht et Visé, de fortes pointes d'avant-garde, suivies par la masse de l'artillerie motorisée du CA. Cette aventure réussit pleinement. L'action à distance de l'artillerie ennemie sur les routes, à laquelle on s'attendait, n'eut pas lieu. Par après, on a appris que les forts et l'espace entre ceux-ci ne disposaient pas d'artillerie à longue portée de tir. De la sorte, il était déjà possible d'amener dans le courant de l'après-midi du 10 mai, une grande partie de l'artillerie du CA à bonne portée de tir et, dès 12 h 30, de forcer la traversée de la Meuse du côté d'Eysden avec des parties de troupes d'avant-garde de la 260 DI.

Mon ordre adressé à ces troupes d'avancer vers Eben-Emael pour soutenir les troupes aéroportées en mauvaise posture n'a pu être exécuté du fait que la traversée de la Meuse et du canal Albert par des unités importantes fut rendue impossible par un feu d'artillerie très violent venant du sud, des forts d'Eben-Emael et de Neufchâteau et d'unités introuvables cachées derrière le canal Albert et dans la vallée de la Meuse ; le tir de nombreuses mitrailleuses retranchées le long du canal Albert causait également de grosses pertes. De son côté, l'aile gauche du CA (253 DI) avait pu s'avancer jusqu'à 2 à 3 km des forts extérieurs sans subir le feu de l'ennemi.

Déjà, dans les premières heures de l'après-midi, les positions avancées près de Hombourg et de Henri-Chapelle avaient été enlevées et l'ennemi refoulé sur la ligne des forts. Eupen et Limbourg avaient été occupés et libérés. Le voisin de droite avait traversé la Meuse et le canal Albert. Dès lors, le centre de gravité de la mission du CA se situait sur la rive ouest de la Meuse et il fallait attaquer en traversant la Meuse et le canal Albert. À cet effet, il fallait que la 269 DI lance son attaque comme prévu, en partant d'Eysden avec le gros de ses forces ; la 253 DI devait attaquer du côté de Visé.

La deuxième journée de l'attaque était très dure pour le CA, qui devait franchir, en combattant, la moitié nord de la région fortifiée de Liège. Même si les troupes de campagne mobiles reculaient suite au retrait des troupes ennemies devant la 6e armée, la résistance des troupes de fortifications restait dure le long de la Meuse et du Canal Albert. Le feu des forts de Neufchâteau, de Battice et de batteries introuvables installées près de la Meuse au sud-ouest d'Eysden était particulièrement meurtrier ; il faut y ajouter l'action violente de mitrailleuses cachées dans les berges de la Meuse et du Canal Albert et difficiles à détecter. C'est ainsi que l'attaque lancée avec beaucoup de courage le matin du 11 mai par la 269 DI au départ de Ter Naaien fut d'abord vouée à l'échec, bien que quelques faibles unités aient réussi à traverser le canal. Les tentatives ultérieures échouaient parce que tous les moyens de transport furent détruits par le feu d'artillerie et de mitrailleuses ; en fait, presque tout homme visible et les radeaux étaient abattus. De même, les troupes se trouvant entre le canal et la Meuse souffraient terriblement sous le feu d'un ennemi qui, malgré la mise en oeuvre de tous les moyens d'observation, restait introuvable.

Je me suis rendu compte personnellement, en première ligne, que la continuation de l'attaque à cet endroit ne se justifiait pas et je l'ai fait arrêter.

M'attendant à ce que, sous la poussée du IV CA qui attaquait depuis 10 heures du matin, l'ennemi recule également à cet endroit, j'ai ordonné la continuation de l'attaque plus au nord. À 14 h 40, le 489 Rgt Chasseurs à pied, sous les ordres tranchants du major Berend, avait réussi à franchir la Meuse et le canal et à occuper l'altitude 119. C'était une action glorieuse.

Alors que les parties de la 269 DI restaient bloquées près de Ter Naaien sous l'action inchangée de l'ennemi, les opérations de traversée purent être mises en marche à l'est de l'altitude 119. Le pont sur le canal fut provisoirement réparé. La 296 DI reçu comme mission d'atteindre la route Saint-Trond-Liège. La 253 DI, après avoir grignoté la zone des bunkers autour de Berneau, s'emparait de Visé à 16 h. En face, l'ennemi résistait encore dans les positions fortifiées. Neufchâteau fut encerclé. Il était clair, maintenant, que du point de vue opérationnel, l'ennemi avait abandonné la position fortifiée de Liège ; celle-ci ne tenait plus que par ses forts. Le terrain intermédiaire n'était plus ou que très faiblement occupé. Maintenant, la mission du CA n'était plus l'encerclement de la forteresse, mais la poursuite sur l'aile gauche de la 6e armée. Ainsi se posait la question : est-il possible de passer avec le CA à côté de la ligne des forts sans les attaquer, malgré qu'ils effectuaient encore un tir efficace ?

Je me rendais compte que ce serait difficile. Mais, vu la nécessité de continuer la poursuite sans ménagement, il fallait accepter des pertes.

Un autre problème consistait dans le manque de pionniers de ponts ; le CA devait se contenter de ses propres moyens, assez réduits. En outre, tant que les forts n'étaient pas neutralisés, tous les points de passage restaient soumis à un feu d'artillerie nourri.

Le pont près de Maastricht ne devenait disponible pour certaines unités motorisées du CA que le 12 mai à midi.

C'est grâce au courage de la troupe et, en particulier par la mise en oeuvre de pionniers au service des bacs de traversée qu'il a néanmoins été possible de faire passer une grande quantité de troupes jusqu'au soir du 11 mai ; il s'agissait surtout d'unités mobiles destinées à la poursuite.

Le troisième jour (12 mai) de l'attaque, le feu des forts de Neufchâteau, Battice, Fléron, Évegnée et Barchon dirigé sur Visé et les lieux de passage se faisait sentir très fort ; l'ennemi résistait encore sur la Meuse face à Visé. Malgré cela, la 253 DI réussissait à passer et à assurer les traversées ultérieures. Les unités d'avant-garde ne se laissaient pas arrêter par le feu venant de tous les côtés de ceux-ci, parce que le terrain entre les forts n'était pas occupé. L'avant-midi déjà, une unité d'avant-garde de la 269 DI occupait la Citadelle de Liège et d'autres unités de la même division s'emparaient l'après-midi des forts de Lantin et de Loncin. Nonobstant le tir des forts dans son flanc et dans son dos, la poussée de la division continuait inébranlablement. Elle s'attaquait déjà en masse au secteur de Huy.

À cause de l'échelonnement dans les conditions de traversée, la 253 DI suivait la 269 DI sur sa gauche.

Afin d'éclaircir la situation, j'estimais nécessaire d'en finir avec les forts gênants et je chargeais la 253 DI d'enlever les forts de Pontisse et de Flémalle ; la 223 DI devait en faire de même avec les forts de Battice, Barchon, Fléron et Évegnée. Le feu d'artilllerie et les attaques des stukas restaient sans effet. Il était manifeste que seul le travail des pionniers avec charges creuses pouvait aboutir à un résultat.

Un ordre d'armée déchargeait le CA de cette mission qui, à partir du 14 mai, fut confiée à la 223 DI, placée sous les ordres directs du commandement de l'armée.

Le 14 mai, la 269 DI avec trois régiments et des unités d'avant-garde est déjà en route, direction Namur ; la 253 DI suit en bloc ; la traversée des chevaux et des véhicules prendra encore quelques jours, jusqu'à ce qu'il soit possible d'utiliser le pont de Maastricht.

La plus grande partie de la troupe ne dispose pas encore de cuisines de campagne et il manque beaucoup de véhicules, qui ne peuvent suivre qu'en colonne étirée.

Le passage le long des forts était difficile et accompagné de lourdes pertes, parce que les forts tiraient encore dans notre flanc et notre dos.

Les performances des deux divisions et leur volonté d'avancer étaient remarquables malgré toutes les difficultés rencontrées.


(s) illisible


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Extrait des archives de la Bundesarchiv-Militararchiv de la République Fédérale Allemande (traduit par le Colonel-Médecin Mathar)


Commandant 223 DI

Section : Qu. M.

En campagne, le 10 mai 1940

L'ordre ci-après, émanant du Comd. Gr. d'armée B, doit être notifié immédiatement à tous les soldats.


Ordre relatif au comportement du soldat allemand en territoire occupé

Le Führer a donné ordre de traverser le territoire de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg afin d'assurer la victoire définitive contre nos ennemis, la France et l'Angleterre.

Si les forces armées de ces pays s'opposent aux troupes allemandes, elles sont également à considérer comme ennemies et à combattre.

Toute résistance, y compris la résistance armée de la population civile, sera réprimée par les armes.

Pour le comportement de la Wehrmacht allemande envers la population civile dans les pays traversés en arrière du champ de bataille proprement dit, les directives ci-après sont d'application, pour autant que la population se comporte envers nous d'une manière convenable et paisible :

1. Un comportement convenable, digne d'un soldat, est le premier devoir ; toute conduite portant ombrage à la réputation de la Wehrmacht allemande sera sévèrement punie.

2. Le pays occupé ne peut être exploité ; il se trouve sous la protection spéciale de chaque soldat allemand.

3. Les pillages et actes de brutalité contre une population se comportant d'une manière paisible seront passibles des punitions les plus sévères du code pénal militaire ; la peine de mort peut être infligée.

4. Tout objet acheté doit être payé comptant ; il est sévèrement interdit aux soldats isolés d'émettre des attestations de prestations. Des achats en grandes quantités ne peuvent être prescrits qu'exceptionnellement par les commandants des unités. Dans ce cas, lorsqu'il s'agit de grandes quantités, un reçu doit être délivré s'il n'est pas possible de payer immédiatement en espèces. La même chose vaut s'il y a désaccord sur le montant du prix ou si on refuse d'accepter de l'argent. Dans la mesure du possible, il faut payer comptant et ne délivrer qu'exceptionnellement des reçus.

5. Les paiements de toute sorte se feront exclusivement en monnaie d'occu­pation ou en monnaie du pays occupé.

6. Il y a lieu d'éviter des troubles de la vie économique. L'utilisation de chevaux, véhicules ou automobiles appartenant à des civils, de même que prendre des carburants à des pompes civiles n'est permis qu'aux troupes combattantes et pour autant que la situation du combat ou du ravitaillement l'exige. Des exceptions ne peuvent être ordonnées que par des chefs du rang de commandant de bataillon ou plus haut (par n'importe quel officier en cas de danger).

7. Il y a lieu de ménager les usines, ateliers et bureaux. Pour autant que le combat ne l'exige pas, leur accès n'est permis aux soldats qu'en exécution d'un ordre adéquat. Il est interdit d'utiliser les stocks de carburant, d'huile, de machines et d'outils trouvés dans les usines et entreprises. Des exceptions ne peuvent être prescrites que par les commandants de bataillon et échelons supérieurs. Les champs ensemencés et les jardins sont à respecter.

8. La vie culturelle de la population est aussi à respecter. Les trésors d'art et les monuments architecturaux sont à ménager. Une prise de position au sujet de la vie religieuse de la population est à éviter ; la ridiculisation des usages religieux du pays sera punie. Dans les pays occupés, les juifs doivent être laissés tranquilles.

9. Pour le change, les taux ci-après sont de rigueur :

1 florin hollandais = 1,50 RM

- 1 Belga = 0,50 RM

- 1 franc luxembourgeois = 0,10 RM


Le commandant en chef,

(s) von Bock


Date de mise à jour : Jeudi 5 Novembre 2015